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Comité des usagers des centres de santé de Grenoble

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Feuille de santé N°41 Janvier février 2026


Éditorial


Nous adressons tous nos vœux pour 2026 à chacun(e) d’entre vous qui êtes adhérent(e) du Comité des Usagers et destinataire de nos Feuilles de Santé. Dans l’année qui vient, nous poursuivrons notre mission de soutien et de vigilance au sein de ces organismes si précieux que sont nos Centres de Santé. Cette Feuille s’en veut un nouveau témoignage.

Nouvelles de notre Comité

Halima Kherchi, patiente du Centre Mistral, rejoint notre C.A., désormais composé de 10 membres. Madame Kherchi a en particulier contribué aux discussions et aux solutions de compromis consécutifs à la fermeture du service paramédical.

Nous avons demandé au Président de l’AGECSA, Monsieur Jean-Marc Baïetto, et obtenu de sa part (en décembre dernier, lors du dernier C.A. de l’AGECSA) des engagements concernant le maintien d’une présence paramédicale au Centre Mistral, ainsi que la mise en œuvre d’une solution au dysfonctionnement du Service paramédical de l’Arlequin. Nous veillerons avec la plus grande attention à la traduction de ces engagements dans les faits.

Nous avons également participé à une première réunion prévoyant une réorganisation de l’accueil dans les trois pôles de l’Arlequin : Paramédical, Belledonne, Vercors. Nous serons de même très attentifs à ce que les changements ne nuisent pas à la relation personnalisée entre patients et accueillantes dans chacun des pôles.

Nous avons rencontré successivement les responsables de l’Union de Quartier de l’Arlequin (UQV1) et des Géants. Les principales critiques de ces derniers à l’encontre de nos Centres ont porté sur les refus d’intégrer de nouveaux patients et sur les dysfonctionnements du Service paramédical de l’Arlequin. Ils ont en revanche témoigné leur grande satisfaction à l’égard du travail du Centre et de l’empathie rencontrée auprès du personnel soignant et accueillant.

À la suite de la proposition de la préfète de l’Isère, Madame Catherine Séguin, d’intégrer trois de nos Centres dans le réseau « France Santé », nous avons sollicité une réunion du Bureau de l’AGECSA afin de clarifier nos différences et spécificités par rapport aux autres organismes du réseau. Le verso de cette Feuille expose les données de cette question.

Nouvelles de l ’AGECSA


La Métropole a décidé de contribuer au financement de l’aménagement intérieur du sixième Centre Enfants-Parentalité. Cela complète le budget nécessaire et permet d’envisager une ouverture pour le second semestre 2026.

Le C.A. de décembre a marqué une grande satisfaction pour l’évolution de notre Association en 2025. Il a aussi entériné le Projet Associatif que nous attendions depuis longtemps.

Nous nous réjouissons d’accueillir Madame Aicha Khaddar, qui assure désormais la très stratégique mission de Médiation de Santé. Nous sommes convenus avec elle d’une rencontre dont rendra compte une prochaine Feuille.
Cette Feuille vous est adressée par courrier papier. Si vous désirez la recevoir plutôt sous forme électronique, il suffit d’envoyer votre adresse mail au Comité des Usagers : ca@asso-cucsg.fr. Vous économiserez ainsi du papier et des frais de timbre au CUCSG.

L’initiative de la préfète de l’Isère d’intégrer trois de nos Centres – Mistral, Abbaye, et Arlequin – au nouveau réseau « France Santé » a replacé au cœur de l’actualité la question de la définition juridique des Centres de Santé, et avec elle celle de leur vocation et de leurs missions spécifiques. Au sein de notre Comité, François Rousset a mené l’enquête sur l’articulation complexe des organismes de santé variés et nombreux qui constituent le dernier acte de la politique de Santé publique du Gouvernement. Nos Centres y conservent leurs spécificités, à commencer par celle d’un personnel soignant salarié, – et nous nous en réjouissons. D’où la tentative de clarification ci-dessous.

Centres de Santé et Maisons de Santé : comment s’y retrouver (1) ?

1. Origines historiques et logiques fondatrices

L’organisation des soins primaires en France s’est historiquement construite sur un modèle libéral individualisé, fondé sur la liberté d’installation et l’exercice isolé. Ce modèle a progressivement montré ses limites face aux inégalités territoriales et sociales d’accès aux soins. Les Centres de Santé s’inscrivent dans une tradition ancienne issue des dispensaires municipaux et mutualistes du XXe siècle porteurs d’une logique de service public, d’accès universel et de prévention. Les Maisons de Santé Pluriprofessionnelles (MSP) apparaissent beaucoup plus tard, en 2007, comme une réponse à la désertification médicale visant à rendre l’exercice libéral plus attractif par le travail en équipe.

2. Différences structurelles

La distinction fondamentale entre les deux modèles est juridique et organisationnelle.

Le Centre de Santé est une structure de soins à part entière, dotée d’une personnalité morale, gérée par un organisme comme une association dans le cas de l’AGECSA. Il repose sur un Projet Associatif qui débouche sur un Projet de Santé validé par l’Agence Régionale de Santé (ARS). Les professionnels y sont salariés : c’est le Centre qui facture les actes, pratique le tiers payant et exclut les dépassements d’honoraires.

La Maison de Santé, à l’inverse, n’est pas un établissement de soins mais un mode d’organisation coordonné de l’exercice libéral, reposant sur un Projet de Santé pluriprofessionnel élaboré et signé par les professionnels eux-mêmes. Les praticiens restent juridiquement indépendants, et facturent en leur nom dans un cadre contractuel, non au sein d’une entité soignante autonome.

Il s’agit donc de deux modèles distincts, parfois complémentaires, mais qui peuvent prêter à confusion si tel Centre « associatif » de Santé relève en fait du fonctionnement libéral de la Maison de Santé.

3. Développements récents : la labélisation du réseau « France Santé(2) »

Les politiques publiques tentent de renforcer simultanément ces deux modèles : soutien accru aux Centres de Santé pour sécuriser l’accès aux soins dans les territoires fragiles, et encouragement des MSP pour maintenir l’attractivité de l’exercice libéral. Mais les difficultés persistent : soutenabilité financière des Centres de Santé, efficacité des MSP dans les zones très sous-dotées, liberté d’installation des médecins, risque de fragmentation des dispositifs territoriaux. La création nationale du réseau « France Santé », annoncée par le Premier Ministre en décembre dernier, s’appuie sur les modèles existants, mais vise à y remédier par une stratégie territoriale voulue plus efficace dans l’accès aux soins . Selon le ministère de la Santé, il s’agit que chaque Français puisse « accéder à une solution de santé en moins de 30 minutes et obtenir un rendez-vous médical sous 48 heures si son état de santé le nécessite. » Les Centres de Santé sont ainsi invités à intégrer le nouveau dispositif, qui leur vaudra une dotation financière. Le dispositif est ambitieux. L’avenir reste à écrire, mais en l’état actuel, il y a donc des Centres de Santé, des MSP, et des labélisations « France Santé (3) ». Ce label n’affecte donc pas l’appellation des « Centres de Santé » de l’AGECSA.

(1) Les références et sources du présent article figurent sur la version numérique de cette Feuille.

(2) Le label est attribué aux structures de proximité qui répondent à certains critères : disposer d’au moins un infirmier et un médecin ; être ouvertes au moins cinq jours par semaine ; proposer des rendez-vous dans les 48 heures ; ne pas pratiquer de dépassements d’honoraires ; répondre aux « urgences » par des consultations non programmées.

(3) Sur le plan régional, la Préfète de l’Isère et la Directrice générale de l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes viennent de labelliser 12 Maisons France santé dans le département. Dans la région, plus de 180 Maisons France santé ont été labellisées fin 2025.

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